Mythes SEO décortiqués: longueur de la balise title

Les hypothèses font partie majeure de notre travail. Nous n’avons dans notre disposition que des informations très restreintes sur l’algorithme de notre ami Google et donc nous émettons des théories.

Mais chaque hypothèse a besoin d’être approuvée ou désapprouvée par la pratique. Si le référenceur ne le fait pas, il risque fort de faire de fausses conclusions. Ainsi naissent les mythes. Ensuite il les partage avec ses copains qui les suivant aveuglément vont faire tourner vite les illusions dans le web.

J’ai vraiment beaucoup réfléchi à ce quelle forme donner à de nombreuses notes et brouillons cumulés au fur et à mesure du travail. Et donc aujourd’hui je vous invite à la première de la nouvelle rubrique de mon blog « Mythes SEO décortiqués » dans laquelle nous allons essayer justement de ruiner des hypothèses et stéréotypes populaires dont abonde la communauté SEO.

Mythes sur la longueur de la balise <title>

Et nous allons commencer par l’essentiel – la balise title. Et notamment par les mythes existants sur sa longueur.

Pour cela je me suis adressé à Google en lui demandant quelle est la longueur optimale de LA balise pour le référencement. Ayant parcouru de nombreux blogs et forums, j’ai noté les réponses les plus courantes qui sont en même temps les mythes qu’on va décortiquer :

  • La longueur optimalе de la balise title est entre 65 et 72 caractères – partie visible dans les résultats de recherche. Il est inutile de faire les titres plus longs car Google « ferme les yeux » sur les termes qui vont au-delà.
  • Quoique Google affiche entre 65 et 72 caractères, il prend en compte toute l’intégralité de la balise title. Les adeptes de cette théorie le prouvent par le fait que la page se retrouve dans Google sur le terme exacte («  ») situé à la fin des titles très longs.

Vous êtes plutôt de quel côté?:)

Longueur de la balise title démystifiée

Pour désapprouver les deux mythes je vais faire recours à trois opérateurs de recherche de Google:

1) allintitle – n’effectue la recherche des termes spécifiés qu’au sein des balises <title>.

allintitle: "mot-clef"

2) site – n’effectue la recherche qu’au sein du site web indiqué.

site:nomdedomaine.fr

3) guillemets font chercher la concordance exacte des termes saisis.

"mot-clef"

Pour la base d’analyse j’ai pris plusieurs sites appartenant à des thématiques différentes et contenant des titles plus longs que d’habitude.

J’ai choisi un site pour vous montrer la méthodologie du test. Aujourd’hui cet honneur appartient à www.govoyages.com.

Voyons d’abord ce qu’il a comme title:

Go Voyages - Billet d'avion pas cher, vols pas cher et de dernière minute, week-end et séjour pas cher

Pas pal, n’est-ce pas? Mais est-ce que tous les mots faisant partie du title sont pris en compte par Google?

On va analyser la balise morceau par morceau et on va commencer dès le début avec la requête suivante:

On voit bien que Google retrouve bien l’expression demandée dans la balise <title> de notre site.

Allons plus loin et choisissons l’extrait suivant du <title>. Le résultat est idem:

Une fois qu’on arrive au 13ème terme, l’image change et Google s’excuse de n’avoir rien trouvé:

Revenons un peu en arrière pour apprendre quel terme à été indexé le dernier et on tombe sur le chiffre 12:

Pour me rassurer de la validité du test, je l’ai répété sur plusieurs sites; la tendance est la même:

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Bon, comme on le voit, ce sont les 12 premiers termes qui sont le vrai titre de la page. Ainsi s’avère-t-il que les termes «minute», «week-end» et «sejour» ne font vraiment pas partie de <title>.

Et les autres?

Mais comment Google traite les autres termes qui vont après le 12ème?

Et c’est là qu’on va omettre l’opérateur allintitle en donnant à notre requête l’air suivant:

"dernière minute, week-end" site:http://www.govoyages.com/

Cette requête nous montrera si le moteur indexe ou pas le contenu allant après le 12ème terme:

Et oui, le texte est pris en compte dans la pertinence totale de la page, mais ce n’est plus le titre, mais un simple texte.

Conclusion

  1. En analysant la longueur de la balise <title> Google ne se sert pas de la notion «caractères», mais «termes».
  2. Google considère comme titre les 12 premiers termes de la balise title.
  3. Sous le terme on comprend toute suite de lettres et de chiffres séparée par les espaces ou les signes de ponctuation. Puisque les prépositions («de») ou les conjonctions («et») sont aussi les termes, il vaut mieux ne pas en abuser parmi les 12 premiers en préférant plutôt les mots avec une sémantique plus intéressante.
  4. Les termes à partir du 13ème sont traités d’un texte simple. Il est ainsi inutile d’essayer de bourriner la balise avec des dizaines de mots-clefs dans l’espoir de profiter au maximum de l’emplacement sacré. Leur valeur sera infime.
  5. Si vous commencez vos titles avec le nom de marque, vous perdez de l’espace précieux. Remettez-le à la fin en faveur des mot-clefs.

Si vous avez un autre point de vue sur la longueur de la balise <title>, merci de l’écrire dans les commentaires!

34 replies on “Mythes SEO décortiqués: longueur de la balise title

    • Alekseo

      Salut et merci pour le lien!

      Je suis tout de même persuadé que Google calcule justement les mots et je trouve ça tout à fait raisonnable. Un caractère et surtout un pixel ne portent aucune valeur sémantique. De plus dans les thématiques médicales ou scientifiques les termes peuvent être assez longs et donc réserver au title un certain nombre de caractères n’est pas logique.

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  • Christian

    a priori, Google n’affiche plus que les 58 premiers caractères des titres, avant on avait 10 caractères de + dans les SERP
    le nombre de termes : je ne sais pas pourquoi aller jusqu’à 12… cela laisse à penser que la page parle de plein de sujets différents…

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  • Quentin

    Après ce qu’il faut voir, c’est le jus attribué aux mots en fonction du nombre de mots dans la . Par exemple, « Voyage » obtiendra tout le jus (mais est ultra-optimisé –> Panda) mais il sera divisé si on écrit « Voyage – Billet d’avion pas cher ».

    Sinon, le livre « Bien rédiger pour le web » d’Isabelle Canivet conseille la rédaction de 7 mots maximum dans la title pour bien marquer le lecteur.

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  • Alex

    Bon article étayé sur la « mythologie » autour de la balise title ! Pour le nom de marque au début, d’un point de vue SEO, on est d’accord mais d’un point de vue branding, ça se discute ;)

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  • Florence - Référencement

    Intéressant ce test. J’ai 2 remarques :

    1/ Que l’opérateur allintitle n’indique rien au-delà du 12ème terme ne signifie pas obligatoirement que Google ne prenne pas l’extrémité du title en compte. C’est comme le contenu non indexé, qui n’est pourtant pas forcément ignoré par Big G, aussi étonnant que cela puisse paraître.

    2/ Il y a de fortes chances que la non-présence de stop-words dans le title soit perçu comme de la suroptim. Il me semble qu’autant les titles denses étaient favorisés l’an dernier, autant ils sont plutôt pénalisés aujourd’hui.

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    • Alekseo

      Bonsoir, Florence!

      Oui, je suis plutôt d’accord avec toi sur le caractère spammy des titles longs sans aucune préposition. C’est une bonne remarque! Merci!

      Pour ce qui des mots au-delà de la première douzaine, je ne voulais pas dire que le big G ne les prend pas en compte. Par contre il les indexe, mais leur valeur est égale à celle du simple texte (je supposerais celui dans les balises p).

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      • Keeg

        Je me suis fait les même remarque que Flo notamment sur le premier point, mais j’ai peut-être mal lu l’article. Le fait qu’il n’y est pas d’affichage ne signifie pas obligatoirement que les derniers mots sont considérés (en terme de valeur) comme du simple texte de contenu. On peut simplement parler, à partir de là (j’insiste de le à partir de là), de multiples hypothèses dans la prise en compte (comme un titre, comme du texte p, strong, ce qu’on veut, ou même que dalle sortie des opérateurs, …)

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        • Alekseo

          Bonsoir, Keeg.

          Je me suis peut-être dépêché pour attribuer aux termes à partir du 13ème la valeur du simple texte.

          Il est vrai que quant à la valeur du texte hors la douzaine je ne fais que supposer. Mais que ce soit strong ou p c’est peut importe. Ce qui m’intéresse le plus c’est que ce contenu ne fait plus partie de title et donc il est beaucoup plus faible en terme de valeur.

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  • Aurélien Berrut

    Très intéressant ce petit test ! Cela peut néanmoins varier d’un update d’algo à l’autre…
    Je me permettrai juste une petite remarque sur le point 5 de ta conclusion :
    Attention de ne pas généraliser et ne pas tomber de la keyword stuffing d’autant que le branding est de plus en plus pris en compte par Google. En positionnant délibérément et systématiquement les mots clés en début de balise, ça ne donne pas forcément un bon signal

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  • Jean-Luc

    Excellent article avec une très bonne analyse, c’est vrai que l’on compte toujours le nombre de caractères, personnellement je n’aurais jamais pensé à compter les mots.

    Comme ça on sait à quoi s’en tenir, enfin, … pour le moment.

    PS : une minuscule coquille, à un endroit il est écrit «allinanchor» à la place de «allintitle»

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  • Vincent

    Très intéressant ce test ! Démonstration implacable!

    Quid du Mythe sur le doublements des mots clés dans le title?
    Est ce que « moins on met de mots clés dans le tilte, plus ces mots clés auront du poids »?

    Allez au boulot!! :)

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  • Yoann

    Bel article, un sujet précis et un décortiquement méthodique.

    Juste une petite remarque sur le fait qu’un comparatif avec bing aurait été intéressant. Le test est simple et assez rapide a effectué.

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  • Jean-Edouard

    Je viens de tomber sur ton test, je pensais en faire un justement en comparant Bing et Google et sur le fait qu’on peut aller jusqu’à 70 caractères. Certains articles sur le net parlent de mettre moins de 65 caractères, mais je pense que c’est surtout pour un soucis de pertinence
    Jean-Edouard a récemment publié Apéro recrutement sur Lyon

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  • Referencement web Tunisie

    Bonsoir,

    Je pense que l’idéal est de mettre seulement 58 caractères dans les Title car les mobiles n’affichent que 58. De plus plus le Titre est court, plus le risque de spam et de répétition de mots clés est minime.
    A mon avis, un petit mot clé suivi du nom de marque est suffisant.

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  • ICOM Channel

    Excellent. Voilà une étude qui clarifie le sujet de belle manière.

    Je faisais déjà ce travail de mise en avant des mots les plus discriminants dans le titre en rejetant les raisons sociales de mes clients revendeurs informatique en fin d’URL.

    Cet article que je viens de bookmarker permet de formaliser et mieux justifier mes actions. Merci beaucoup donc.

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  • Bruno TRITSCH

    Bonjour,

    A mon humble avis, il ne faut surtout pas oublier de rédiger ses titres pour le lecteur, car c’est bien lui notre but final et un titre trop long ou mal rédigé ne lui donnera pas envie.
    Je pense donc qu’il ne faut pas se focaliser complètement sur cette limite et qu’il faut éviter le « bourrinage », même si c’est parfois très tentant, non?
    Bruno TRITSCH a récemment publié Deux solutions pour bénéficier des avantages d’un blog sans en avoir les inconvénients

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  • Heuuu

    Si j’ai bien suivi, ce qui est prouvé par l’expérience de cet article, c’est que la commande ALLINTITLE ne prend en compte que les 12 premiers mots des Titles.

    Rien ne prouve en revanche un éventuel lien avec le positionnement ou l’indexation.

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